Loin, bien loin des tumultes de nos villes exubérantes, derrière les brouhahas de couleurs d’une terre d’ailleurs, souffle l’orient de Sybille, demi-teintes dévoilées à l’éveil de l’esprit.
S’élançant vertigineusement, ses bâtisses bigarrées prennent parfois corps dans la mélancolie d’une nuit silencieuse, quand le monde alentour, assoupi, rejoint celui des chimères.
Rouges épicuriens ou jaunes intrinsèques, orangés libertaires ou mauves dénudés, ses couleurs, éclatantes de folie, crèvent ses façades chamarrées en s’élevant vers des ciels imaginés. Quelque part, à l’est d’un Eden qui n’existerait pas, entre Rabah et Pondichéry, les doigts de Sybille se promènent, affranchis de toute contrainte, libérés de toute emprise, pour enfin pouvoir jeter sur la toile le rêve qu’elle aurait emprisonné, alors enfant.
Bérangère Morel